Instrumentation
Frédéric Burgeot

 

 

 

Lunette de 80mm

Ce fut mon premier instrument, une achromatique 83/910 de chez Perl Vixen.

Les images piquées et stables qu'elle fournissait m'ont permis de faire mes premiers dessins de planètes dans de bonnes conditions. Mais l'envie de voir des détails plus fins encore m'a poussé à investir dans un instrument réputé être spécialisé dans l'étude des planètes...

 

Cassegrain de 250mm

Je voulais que ce télescope soit optimisé pour l'observation à haute résolution : qualité de l'optique, peu d'obstruction (0,18), donc rapport focal très grand (F/28), rapidité de mise en température, bon bafflage. Or dans le commerce on ne trouvait à l'époque pas d'engin aussi spécialisé.

Il fallait donc se lancer dans un instrument fait maison, et la réalisation de l'optique fut confiée à des artisans (M.Bonnin pour le primaire et S.Suss pour le secondaire).

Cet instrument m'a suivi partout, au moindre de mes déplacements il trouvait sa place sur la banquette arrière de la voiture. Le principal avantage de cet instrument par rapport à un Newton de même diamètre, c'est le confort d'observation à l'arrière du tube. On est toujours assis, et on oeuvre avec la planchette à dessin posée sur les genoux, quelque soit la position du tube. Par contre, en plus d'une bonne collimation, il faut veiller à bien confondre les axes optiques des deux miroirs.

J'ai passé des moments extras avec ce tube, qui m'a fait découvrir sur les planètes des détails d'une finesse que, en tant qu'observateur débutant, je n'aurais jamais cru pouvoir distinguer un jour.

 

Mais l'envie d'en voir toujours plus m'a repris quelques années plus tard.

 

Lunette de 200mm

Mon expérience passée avec ma petite 80 et d'autres lunettes (dont la 150 de la Sorbonne) m'ont amené à repartir sur un nouveau projet : une «grande» lunette.
J'apprécie la valeur esthétique de l'image donnée par un réfracteur (pas d'aigrettes, image peu mobile), également ce type d'instrument représentait pour moi l'instrument de prédilection pour scruter les surfaces des planètes. Dans cette grande lunette j'escomptais une image plus contrastée que dans mon télescope de 250mm.

Comme pour le cassegrain, une réalisation artisanale s'est imposée.

J'ai opté pour un doublet achromatique de type Fraunhofer 200mm à F/15.

Pour ramener la longueur du tube à une valeur raisonnable, la lunette a été montée en réfracto-réflecteur, dont le tube avait une longueur de seulement un mètre grâce à deux miroirs plans (Lichtenknecker en zérodur) qui repliaient le faisceau lumineux.

Deux objectifs ont été montés sur ce tube : un Clavé et un Bonnin, tous deux de très bonne facture.

Cependant, malgré une image agréable à scruter, ce tube a été peu pratique à utiliser car lourd et encombrant. De plus, les détails observés n'étaient guère plus fins et plus nombreux que ceux fournis par le cassegrain, que j'avais revendu pour financer l'achat du Clavé.

Finalement, j'ai revendu les deux objectifs et le tube, car cet instrument, peu pratique à utiliser en itinérant, aurait mérité d'être installé en poste fixe.

 

Newton de 406mm

Pour cet instrument, je suis revenu à du conventionnel.

Je voulais avant tout un instrument facile à utiliser, un truc rustique qui puisse coucher dans le garage, en sortir aisément, et prêt à pointer dès que posé sur le sol.

J'avais également envie de ne plus me cantonner aux planètes, mais de me mettre aussi au dessin du ciel profond. Il fallait donc un «bon» diamètre, permettant de gagner notablement en lumière et en résolution par rapport à mon précédent 250.

Un concept permet de concilier tous ces impératifs, c'est le Dobson. Quand on ajoute à cela qu'on peut aussi démonter un gros Dobson pour le transporter dans une voiture, je n'avais plus à hésiter.

La société Mirro Sphere ( Franck Grière ) a réalisé l'optique de 406mm, et j'ai fabriqué la structure.

Cet engin m'a immédiatement donné satisfaction, il remplit totalement le cahier des charges.

Depuis il a un peu évolué, puisqu'il est maintenant doté d'une plate-forme équatoriale de fabrication personnelle. Toutefois l'usage d'une plate-forme enlève un peu de sa simplicité au principe du Dobson, puisqu'il y a une mise en station à effectuer, même si elle peut n'être que grossière pour une utilisation visuelle. Il est donc installé sous un abri roulant dans mon jardin, et ainsi immédiatement opérationnel malgré l'entrainement horaire. Je le démonte aisément pour l'installer dans ma voiture dès que je veux faire du ciel profond à la campagne.

C'est donc réellement un instrument à tout faire, déjà puissant tout en restant facile d'utilisation.

Par rapport au 250, il donne accès à des détails supplémentaires sur les planètes, et pour le ciel profond ça n'a rien à voir...

 

Celestron C9,25

J'ai possédé pendant 2 ans un Celestron 9, en premier lieu pour tester l'apport d'une lame de fermeture sur les effets thermiques instrumentaux. J'avais un a priori assez négatif sur cet instrument du commerce, mais je dois dire que sa qualité optique m'a agréablement surpris, sur l'image de diffraction comme sur les planètes et le Soleil. J'ai eu des vues très fines et contrastées sur Jupiter, Mars et le Soleil. Cet instrument est pourtant obstrué à 36% !

 

Strock 250

Le strock 250 n'est pas un Dobson comme les autres : une fois démonté et rangé, tout tient dans une valise de la taille d'un attaché-case et on peut donc envisager de le prendre en bagage à main lors de voyages en avion vers les tropiques. Concept génial, surtout au vu du diamètre de 250mm qui est déjà respectable.

 

Les accessoires

J'ai finalement assez peu d' oculaires , par contre je dispose de plusieurs Barlow pour faire varier les grossissements.

Pour les planètes, j'utilise une paire de Plossl Televue 20mm montée sur une tête binoculaire. J'ai également une paire de RKE Edmund scientific de 15mm. En combinant avec des lentilles de Barlow, je peux obtenir des Grossissements très variés.

L'utilisation d'une binoculaire est décisive en observation planétaire, elle apporte un confort d'observation dont on ne peut plus se passer quand on y a goûté. L'avantage d'un tel accessoire est avant tout physiologique, la vision binoculaire permet la perception des faibles contrastes et favorise leur bonne interprétation.

Pour le ciel profond, un oculaire à 100° de champ de 20mm (de marque Explore Scientific) autorise des vues à très grand champ, pour les objets étendus (Gr 88X). Un Nagler 9 permet l'observation intégrale de bon nombre d'objets faibles, avec un grossissement déjà conséquent (195X). Ces deux oculaires peuvent eux aussi être couplés avec des Barlow ou Powermate Televue, afin d'atteindre des grossissements très élevés pour les petites nébuleuses planétaires.

Au niveau des filtres , j'utilise souvent un filtre OIII Lumicon sur les nébuleuses. Le gain est très substantiel sur la plupart des nébuleuses ionisées. A l'exception de Vénus sur laquelle je filtre en violet avec un W47, je trouve que l'utilisation de filtres colorés sur les planètes n'apporte rien.

 

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